Anguruzuminabstafil

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Message par Lug le Lun 6 Juin - 16:27

Lug a écrit:a écrit:



"
Quatre hommes - un Persan, un Turc, un Arabe et un Grec - font halte dans la rue d'un village. Ce sont des compagnons de voyage en chemin vers une destination lointaine. Il ne leur reste qu'une seule pièce de monnaie, et ils ne parviennent pas à se mettre d'accord sur ce qu'ils vont acheter avec.

- Je veux acheter un angur, dit le Persan.

- Moi, dit le Turc, je veux acheter un uzum.

- Je veux inab, dit l'Arabe.

- Non ! dit le Grec, nous devrions acheter stafil.

Un autre voyageur, qui passe par là, un linguiste, interrompt leur discussion.

"Donnez-moi la pièce, dit-il. Je m'engage à vous contenter tous les quatre."

Les quatre compagnons manifestent d'abord de la méfiance à son égard, puis ils finissent par accepter de lui confier la pièce. Le linguiste entre chez un marchand de fruits et achète quatre petites grappes de raisin.

- C'est mon angur, dit le Persan.

- Mais c'est ce que j'appelle uzum ! dit le Turc.

- Vous m'avez apporté inab, dit l'Arabe.

- Non ! dit le Grec, dans ma langue c'est stafil.

Les quatre voyageurs partagent le raisin, et chacun prend Conscience du fait que leur désaccord n'est dû qu'à un défaut de compréhension des langues parlées par les trois autres."




Petit commentaire du conte Soufi.

Les quatre hommes de cette histoire ne sont pas des individus ordinaires et profanes. D’une part, ils sont compagnons de voyage, et compte tenu de leurs diversités géographiques, culturelles, linguistiques et cultuelles, s’ils sont compagnon c’est qu’ils ont su utiliser leurs différences comme une richesse commune, ce qui dénote une grande ouverture d’esprit (épuration), et d’autre part, comme l’indique l’auteur de ce conte, qu’ils voyagent ensemble vers une destination lointaine. Ce cheminement serait de l’ordre initiatique que ce ne serait pas fait pour me surprendre.

N’oublions pas ces précieuses indications : ce ne sont pas des profanes incultes, probablement même de grands érudits, et ils sont en marche sur le long chemin de l’évolution vers un but commun que la diversité des personnages rend universel.

Ce petit préliminaire nous permet déjà d’aborder ce conte sous l’angle du sens hermétique le plus Cachant, car les grands Maîtres Soufis sont experts en allégorie et virtuoses en matière de pratique du langage analogique.

Ce qui n’est pas encore le cas de tous les membres de notre joyeuse Fraternité, comme le démontrent les différents commentaires.

Donc, nos quatre initiés font une halte dans la rue d’un village. Voilà qui ressemble étrangement à une étape de l’initiation durant laquelle nos pèlerins doivent surmonter une épreuve, avant que de la franchir.

Il ne leur reste qu’une seule pièce de monnaie. Ici le profane inculte ne verra que l’aspect mercantile à la base de l’échange matérialiste. Mais le Soufi y cherchera le sens le plus éloigné de cette vision matérialiste. Nos quatre compagnons possèdent en commun une richesse dont ils sont copropriétaires, et cette richesse a une telle valeur universelle qu’ils ne se posent même pas la question de savoir si elle va leur permettre de faire l’acquisition d’une autre richesse suffisamment supérieure au point qu’ils sont prêts à sacrifier la seule qu’ils possèdent.

Chacun de ces protagonistes, selon sa culture, son histoire, sa langue et ses traditions, formule ce pour quoi ils sont prêts à sacrifier leur unique valeur commune, et manifestement, à l’inverse des ignorants et des profanes, ils le savent clairement et ils sont chacun parfaitement déterminés. Comme cette chose porte un nom différent pour chacun d’entre eux, ils ne parviennent pas à se mettre d’accord, épreuve qu’ils doivent surmonter à l’état du cheminement de leur parcours commun, et avant d’ espérer de pouvoir aller plus loin.

Un autre voyageur, qui croise leur chemin au moment opportun, et qui est manifestement nettement plus avancé qu’eux sur la voie, leur propose une aide secourable (susceptible d’être utile à chacun d’eux) et ce, d’une façon si totalement désintéressée, qu’il emporte le dessus sur la légitime méfiance (doute) que par prudence doit avoir un voyageur au long cours lorsqu’il est interpellé par un étranger.

Après avoir utilisé leur «pièce de monnaie», ce précieux guide apporte à chacun ce qu’il souhaitait le plus, et par la même occasion, il leur révèle que malgré les noms différents qu’ils donnaient à cette chose, elle est dans sa réalité exactement la même pour les quatre personnages, ce qui leur permet de résoudre, avec élégance et convivialité, leur désaccord artificiel.

Ce conte, sous une apparence simpliste, contient un enseignement ésotérique et profondément hermétique, comme tous les contes soufis.

Nos voyageurs sont des initiés qui ont acquis une valeur qui leur est commune (un certain niveau de Connaissances), malgré leurs grandes différences. Cette valeur a même un caractère universel puisqu’ils sont assurés de pouvoir, grâce à elle, en acquérir une nouvelle et encore plus importante à leurs yeux, sans se préoccuper de savoir si elle sera acceptée comme monnaie d’échange. Néanmoins, pour y parvenir ils doivent franchir l’obstacle des limites de leurs conditionnements respectifs qui leur fait voir une chose sous quatre voiles différents. Conditionnements qui entravent suffisamment leurs capacités de progression (désaccord) au point qu’ils doivent impérativement s’en débarrasser. Ils utilisent donc cette valeur commune (monnaie universelle) qu’ils remettent à un guide, que la Divine Providence met sur leur route au moment le plus utile pour eux. Ce guide est un «Maître Soufi», car il a su immédiatement déterminer la nature de leur problème, ce qui suppose une capacité de compréhension multidimensionnelle (quatre cultures, quatre langues), un sens aigu de discernement et une volonté de vouloir leur rendre un juste service dont ils ont besoin, et accompagner des vertus d’humilité, de discrétion et de désintéressement qui caractérisent celui qui se dévoue au Dharma, lorsque la moindre des occasions se présente.

Ceci est relativement aisé à décrypter. Ce qui l’est moins ce sont les subtilités qui sont intégrées dans ce conte d’une grande richesse.

Pourquoi échange-t-il leur précieuse pièce de monnaie, contre du raisin ?

Pour les Maîtres Soufis, ce que nous retrouvons dans les poèmes d’Omar KHÀYYÀM, illustre grand Soufi Persan du 11ème Siècle, les soufis ou Derviches sont avant tout des fous d’Amour (avec la majuscule). Des fous d’Amour jusqu’à l’ivresse. Or, l’image terrienne analogique la plus forte de l’ivresse est celle que véhicule le vin. C’est pourquoi, dans un grand nombre de poèmes et de contes soufis, nous retrouvons cette aspiration à boire du vin, qui n’est en fait qu’une allégorie sémantique.


Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches,
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi,
chantant près de moi dans la solitude sauvage,
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !


RUBÀIYÀT D’Omar KHÀYYÀM

Pour le guide et «Maître Soufi» qui vient en aide à nos compagnons, ces derniers ne sont pas encore suffisamment avancés dans leur initiation, au point qu’il soit opportun de leur donner directement du vin, mais de simplement les mettre dans la bonne direction en leur apportant ce qui pourra les mener à cette ivresse spirituelle de la Supra-Conscience, à condition qu’ils apprennent à vinifier (transmutation alchimique), le jus des fruits de leur désir.

Une autre subtilité est à extraire de cet enseignement hermétique, et c’est celle qui découle de la façon différente que nos compagnons de voyage ont de désigner une chose commune. Ceci se rapporte bien évidemment à leurs croyances (convictions) et donc aux religions. Chacune porte un nom différent, en fonction des conditionnements sociaux géographiques et raciaux, mais ces religions sont des spécificités linguistiques artificielles qui désignent toutes une même chose. Cette chose commune est : la quête de la Vérité ! Peu importe le nom qu’on lui donne, elle est et reste fondamentalement la même chose, dans son Principe universel.

En résumé, ce conte nous dit que pour avancer sur le chemin de probation, il faut savoir s’ouvrir à tous, quelles que soient leurs différences de conditionnements originels. Que c’est en cheminant de concert que l’on parvient à acquérir des richesses communes qui peuvent nous servir à nous en procurer de plus grandes encore qui profitent à l’ensemble du groupe. Qu’il ne faut pas laisser passer, par négligence, aveuglement et/ou des préjugés sectaires et étriqués, les avis et services des guides, que la bonne fortune met sur notre chemin, et qu’ils peuvent nous rendre, afin de nous aider à progresser. Enfin, qu’avant d’atteindre l’ivresse de la Supra-Conscience, nous devons encore faire un long chemin, dont celui qui passe par le dépassement de nos conditionnements, ainsi que celui de nos compagnons, pour être capable, comme le soufi qui a croisé la route de nos héros, d’accéder à la maîtrise du langage le plus universel qui soit : la langue analogique.

Il y aurait bien d’autres choses à ajouter à ce qui précède, mais pour l’instant ces quelques grappes de raisin suffisent.

Il ne vous reste plus, à l’aune de ce petit commentaire, de faire la critique des votre propre prestation, ce qui changera que de vouloir regarder la paille dans l’oeil du voisin, pour en rédiger une nouvelle dans laquelle vous mettrez en évidence les erreurs, insuffisances, manquements et déformations que contient votre première tentative.

En toute simplicité et modestie, mais sans qu’il y ait la moindre obligation.

Il n’y a pas de rédemption sans repentir sincère.

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par Kanzi le Mar 7 Juin - 23:20

Lug à écrit :
Pourquoi échangent-il leur précieuse pièce de monnaie, contre du raisin ?

Parce que pour goûter (expérience réelle) au fruit de la vigne (champ de connaissance), ils sont à une étape du chemin sur lequel ils ont encore besoin d'un moyen d'échange extérieur (le raisin n'est pas le fruit de leur propre récolte mais peuvent en bénéficier selon un prix).
Les graines que contient la grappe comme autant de germes de savoir cumulés devant se transformer en connaissance (Car si le savoir peut s'acheter la connaissance quand à elle ne se vend pas)

La pièce (somme du travail entrepris) étant représentative des acquis  leur permettant d'obtenir la mesure exacte de ce à quoi ils peuvent prétendre par leur mérite (la marche parcouru). Elle peut également représenter le dernier rempart qu'il faut savoir abandonner ou sacrifier pour pouvoir goûter au fruit de la connaissance. Elle indique aussi symboliquement, qu'il y a toujours un prix à payer, un sacrifice à faire. Ils se délestent d'un objet mort pour croquer au fruit vivant de la Nature.

Bon c'est vrai aussi, ça peut aussi donner le goût à d'autres d'être marchand... Tout dépend de la sincérité de la quête. Soit l'Or de la Connaissance (quête de Vérité), soit l'or tout court (ambition). Ce qui n'est à priori pas le but commun poursuivi par nos quatre compères (collectivités) qui échangent leur unique denier (travail commun) pour vivre la même expérience et cela malgré les disparité apparentes du langage (de la forme).

Encore une chose qui me semble pas anodine, le raisin se récolte fin d'été, début d'automne là ou la nature se dépouille de ses habits éphémères. Tout comme doivent le faire les arpenteurs, se dépouiller du superficiel, de tout ce qui est usé, erroné etc...comme dans une montgolfière...se délester (des poids inutiles ou qui ne nous appartiennent pas) pour monter plus haut. Après l'Automne..l'hiver qui lui même n'est que l'annonce et la préparation silencieuse et pas moins active d'un nouveau printemps porteur de tout les germes, que les rayons croissants d'un soleil ardent d'été permettra la maturation. Nos quatre compères comme les quatre saisons qui forment un cycle, bref une révolution. Ils sont quatre, comme 4 éléments que l'on retrouve sur chaque croix  et dont le centre pourrait être aussi bien cet observateur inconnu ou 5è élément...

Voilà à priori et selon point de vue mien ce qui peut être dit et qui n'est qu'un angle de vue partiel, incomplet et relatif.

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:09

Jeu Fév 19, 2015 12:22 pm

Tamas a écrit: (...) Je relève que, suite à l’admirable démonstration du Lug sur le petit conte soufi, personne n’a été capable d’apporter une pousse supplémentaire qui soit susceptible de venir enrichir le trésor commun. Le radotage en moins bon, serait plutôt du genre à frelater l’ambroisie offerte, démontrant qu’il y a hélas! beaucoup plus de gattes sauce que de maîtres queux en cuisine. 

Exemple : malgré la démo du lug, personne n’a tenté de faire l’analyse de la citation qu’il fait des quelques vers délicieux d’Omar KHÀYYÀM... 

Pourtant, s'il devait y avoir une suite enrichissante à produire dans ce magnifique sujet, c’est bien celle-ci non ?


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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:12

Jeu Fév 19, 2015 3:05 pm

Setanta a écrit:C'est vrai mon Tamas, ce qui démontre une certaine léthargie à vouloir assimiler ce qui nous est offert pourtant gracieusement. Puisqu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, bien que je ne sois pas sûr que ce dicton soit toujours juste, je propose, après avoir médité le texte entier, de travailler sur la première phrase uniquement. Ceci pour ne pas partir en vrille dans une foule de sujet et théories diverses et variées comme à notre habitude. Ce qui n'est qu'une proposition et chacun fera comme bon lui semble

RUBÀIYÀT D’Omar KHÀYYÀM a écrit:
Ici, avec un peu de pain sous les branches,
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi,
chantant près de moi dans la solitude sauvage,
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !

De ce que je retire de cette première phrase : 

Le pain désigne dans le sens parlant une nourriture solide que le corps devra décomposé pour en extraire l'énergie apte à revitaliser le corps physique. Cette nourriture solide sur le plan intellectuel sera composée elle aussi d'une forme, celle d'une sagesse et que le corps intellectuel de l'officiant devra décomposer pour en assimiler toutes les arborescences possibles. 

Si l'on observe ce poème, on voit que l'auteur à fait attention aux majuscules et minuscules et que s'il n'a pas mit une majuscule au mot « pain », c'est que cela désigne l'apparence de la forme illusoire sur le plan physique dense et intellectuel. Cela fait penser aux pains(la forme) que Jésus à multiplié(Sagesses). 

« Sous les branches... », notre divin Poète se met à l'abri du soleil afin que le destin ne puisse le faire souffrir d'une grave insolation. Il se met donc sous la protection de la divine providence qui a placé cet arbre sur son chemin et dont les branches, tournées vers le ciel, sont suffisamment grosses pour le protéger d'une trop grande lumière. 

Je traduis « se mettre à l'ombre » comme étant un acte d'Humilité de celui qui ne cherche pas à recevoir plus de Lumières(un peu de pain) qu'il n'est capable d'assimiler. Ce qui se traduirait par l'insolation(l’insolence) de certains êtres se prenant pour des gourous et glissant dans des perversions les plus noires.
 
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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:15

Jeu Fév 19, 2015 4:31 pm

Lilbudha a écrit:En complément de notre Setanta, voici ce que j'extrait de ce premier vers. 

RUBÀIYÀT D’Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !

Ici, me fait penser à l'indication d'une Conscience parfaitement stabilisé et aligné sur l'Eternel Moment Présent, ceci est le propre d'une Conscience qui maitrise la Méditation Spirituelle. J'en déduis que l'Auteur est très probablement en Méditation. 

Cette maitrise de la Méditation, lui permet de se mettre au diapason des effluves subtiles émises par la Divine Providence, ce qui l'inspire visiblement. 

Avec un peu de pain, le pain symbolise généralement les nourritures spirituelles, les seules qui peuvent se partager sans perte d'un côté ou de l'autre et se multiplier pour autant que celui qui prodigue ces nourritures conserve le Verbe Vivant. Il est précisé toutefois que l'auteur se satisfait "d'un peu de pain". Nous sommes tellement nombreux à avoir les yeux plus gros que le ventre, tellement nombreux à ingurgiter plus que nous soyons capable d'assimiler, ce qui ne peut que provoquer que maux de ventre et mauvaise assimilation. L'auteur nous prévient contre cette erreur, il a besoin de peu de pain, juste l'Essentiel, débarrassé du superflu. 

Pour que l'Essentiel pénètre en profondeur la Conscience qui tente de transmuter le savoir en Connaissance, il lui faut assimiler peu, mais bien, plutôt que d'assimiler beaucoup et mal. La patience est l'échelle des Philosophes disait notre Grillot de Givry. Si l'on souhaite qu'une chose pénètre au coeur de la Conscience, il faut s'en imprégner longtemps et avec constance ce qui aura pour conséquence de se graver dans la mémoire impérissable. Lorsque l'on s'imprègne simplement du savoir, celui-ci reste en périphérie de la Conscience, dans le domaine de l'organique et n'agit pas profondément mais en apparence. 

sous les branches, De quel arbre pourraient bien appartenir ces branches ? Il me semble que ce soit l'Arbre de la Connaissance, qui protège de son ombre bienveillante le pèlerin et lui permet de faire halte au coeur de sa quête éternelle. Cet arbre croit et se développe en chaque Conscience qui fait l'effort de l'arroser et de l'entretenir avec constance, rigueur et rectitude du geste. Cette Connaissance, parfaitement éprouvée, garantit à notre officiant de mener à bien sa Méditation et de ne pas s'égarer dans les méandres de l'intellect et de déformer les nourritures qu'il assimile. 

Pour synthétiser, notre auteur me semble être un Initié en pleine Méditation, il assimile lentement mais surement les nourritures offertes par la Divine Providence. Il demande peu afin de bien assimiler et s'appuie sur ses Connaissances éprouvées afin de faciliter le travail d'interprétation et de retranscription.

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:20

Jeu Fév 19, 2015 7:49 pm

Tamas a écrit:
Lilbudha a écrit:En complément de notre Setanta, voici ce que j'extrait de ce premier vers. 

RUBÀIYÀT D’Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !

Ici, me fait penser à l'indication d'une Conscience parfaitement stabilisé et aligné sur l'Eternel Moment Présent, ceci est le propre d'une Conscience qui maitrise la Méditation Spirituelle. J'en déduis que l'Auteur est très probablement en Méditation. 

Cette maitrise de la Méditation, lui permet de se mettre au diapason des effluves subtiles émises par la Divine Providence, ce qui l'inspire visiblement. 

Avec un peu de pain, le pain symbolise généralement les nourritures spirituelles, les seules qui peuvent se partager sans perte d'un côté ou de l'autre et se multiplier pour autant que celui qui prodigue ces nourritures conserve le Verbe Vivant. Il est précisé toutefois que l'auteur se satisfait "d'un peu de pain". Nous sommes tellement nombreux à avoir les yeux plus gros que le ventre, tellement nombreux à ingurgiter plus que nous soyons capable d'assimiler, ce qui ne peut que provoquer que maux de ventre et mauvaise assimilation. L'auteur nous prévient contre cette erreur, il a besoin de peu de pain, juste l'Essentiel, débarrassé du superflu. 

Pour que l'Essentiel pénètre en profondeur la Conscience qui tente de transmuter le savoir en Connaissance, il lui faut assimiler peu, mais bien, plutôt que d'assimiler beaucoup et mal. La patience est l'échelle des Philosophes disait notre Grillot de Givry. Si l'on souhaite qu'une chose pénètre au coeur de la Conscience, il faut s'en imprégner longtemps et avec constance ce qui aura pour conséquence de se graver dans la mémoire impérissable. Lorsque l'on s'imprègne simplement du savoir, celui-ci reste en périphérie de la Conscience, dans le domaine de l'organique et n'agit pas profondément mais en apparence. 

sous les branches, De quel arbre pourraient bien appartenir ces branches ? Il me semble que ce soit l'Arbre de la Connaissance, qui protège de son ombre bienveillante le pèlerin et lui permet de faire halte au coeur de sa quête éternelle. Cet arbre croit et se développe en chaque Conscience qui fait l'effort de l'arroser et de l'entretenir avec constance, rigueur et rectitude du geste. Cette Connaissance, parfaitement éprouvée, garantit à notre officiant de mener à bien sa Méditation et de ne pas s'égarer dans les méandres de l'intellect et de déformer les nourritures qu'il assimile. 

Pour synthétiser, notre auteur me semble être un Initié en pleine Méditation, il assimile lentement mais surement les nourritures offertes par la Divine Providence. Il demande peu afin de bien assimiler et s'appuie sur ses Connaissances éprouvées afin de faciliter le travail d'interprétation et de retranscription.
Avec un peu de pain, le pain symbolise généralement les nourritures spirituelles, les seules qui peuvent se partager sans perte d'un côté ou de l'autre et se multiplier pour autant que celui qui prodigue ces nourritures conserve le Verbe Vivant. Il est précisé toutefois que l'auteur se satisfait "d'un peu de pain". Nous sommes tellement nombreux à avoir les yeux plus gros que le ventre, tellement nombreux à ingurgiter plus que nous soyons capable d'assimiler, ce qui ne peut que provoquer que maux de ventre et mauvaise assimilation. L'auteur nous prévient contre cette erreur, il a besoin de peu de pain, juste l'Essentiel, débarrassé du superflu. 

Pour que l'Essentiel pénètre en profondeur la Conscience qui tente de transmuter le savoir en Connaissance, il lui faut assimiler peu, mais bien, plutôt que d'assimiler beaucoup et mal. La patience est l'échelle des Philosophes disait notre Grillot de Givry. Si l'on souhaite qu'une chose pénètre au coeur de la Conscience, il faut s'en imprégner longtemps et avec constance ce qui aura pour conséquence de se graver dans la mémoire impérissable. Lorsque l'on s'imprègne simplement du savoir, celui-ci reste en périphérie de la Conscience, dans le domaine de l'organique et n'agit pas profondément mais en apparence. 

sous les branches, De quel arbre pourraient bien appartenir ces branches ? Il me semble que ce soit l'Arbre de la Connaissance, qui protège de son ombre bienveillante le pèlerin et lui permet de faire halte au coeur de sa quête éternelle. Cet arbre croit et se développe en chaque Conscience qui fait l'effort de l'arroser et de l'entretenir avec constance, rigueur et rectitude du geste. Cette Connaissance, parfaitement éprouvée, garantit à notre officiant de mener à bien sa Méditation et de ne pas s'égarer dans les méandres de l'intellect et de déformer les nourritures qu'il assimile. 

Pour synthétiser, notre auteur me semble être un Initié en pleine Méditation, il assimile lentement mais surement les nourritures offertes par la Divine Providence. Il demande peu afin de bien assimiler et s'appuie sur ses Connaissances éprouvées afin de faciliter le travail d'interprétation et de retranscription.


Voilà un début qui me semble être de bonne facture, le Lilbudha. 

Pour ne pas qu’il y ait démarrage prometteur suivi rapidos d’un dérapage dans le décor, je rappelle une des précieuses clés que le Lug nous fournit concernant les soufis : 

Lug a écrit:Ce petit préliminaire nous permet déjà d’aborder ce conte sous l’angle du sens hermétique le plus Cachant, car les grands Maîtres Soufis sont experts en allégorie et virtuoses en matière de pratique du langage analogique.


Il me semble que pour «Ici» tu lui donnes une bonne définition analogique, mais qui ne me paraît pas encore à la hauteur du Maître qu’était Omar KHÀYYÀM... 

Le «pain» n’est évidemment pas un aliment physique dense, mais une nourriture spirituelle, puisque comme l’indique le Lug, le soufi pratique à un haut niveau le langage hermétique. 

Les «branches» renvoient logiquement à un arbre, et ce ne peut pas être autre chose que l’arbre de la Connaissance (celui qui au centre du Jardin d’Éden produit les fruits, dont la consommation permet de discerner le «Bien» du «Mal») et le sage en méditation sous les branches (arborescences luxuriantes), ne s’abrite pas pour se protéger de la Lumière de la «Vérité», ce qui serait un non-sens, mais cherche à en comprendre les ramifications évocatrices, car ces branches, comme l'arbre auquel elles se rattachent sont aussi les conséquences de cette Lumière, et donc une voie qui y mène. 

Voyons voir si la suite sera aussi fructueuse, pertinente et de qualité comparable, que cette première prestation...

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:24

Ven Fév 20, 2015 11:13 am

Nurash a écrit:
RUBÀIYÀT D’Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !

Je me demande si cet Ici, n'est pas à lire avec tout ce qu'il exclu. 
Ici, maintenant, nulle part ailleurs à aucun autre moment. Cela signifie à mon sens que le narrateur est un initié qui a déjà su s'extraire des mâchoires causale du destin. Je rapproche donc cet "Ici" de cette phrase de Grillot de Givry "doué alors de la plénitude de ta lucidité perceptive". "Ici" est donc affranchit des limites de l'espace et du temps et des lourdeurs de la densité matérielle. Il nous faudra être donc à l'image de cet initié pour pouvoir percevoir et comprendre le sens de tout le poème. Comme tout initié, l'auteur grâce à l'humilité connait la mesure de son ignorance et continue donc de se nourrir de nourritures spirituelles (le pain des arborescences spirituelles). 

Une cruche de Vin : cette majuscule au Vin nous montre bien qu'il s'agit davantage de l'ivresse causée par la méditation, par l'extase ressentie par l'amour universel. "Tes amours sont plus délicieuses que le vin " nous rappelle le cantique des cantiques lorsque la faculté volitive épurée peut finalement rejoindre l'époux. Ce Vin nous confirme donc bien que nous n'avons pas affaire à un quidam mais bien à un initié capable d'utiliser sa volonté. C'est d'ailleurs cette volonté qui permet de rester conscient et de ne pas faire de cette recherche une transe mystique délirante. La cruche représente à mon sens une quantité modeste, suffisante pour la détente mais ne permettant pas de finir ivre mort (il aurait pu s'agir d'un tonneau ou de "Vin" dans le sens le plus général mais nous n'aurions pas eût le sens de la mesure) 

un livre de Vers : de nouveaux cette majuscule qui nous indique bien qu'il ne s'agit pas de vulgaires rimes mais d'autres-choses. Ces Vers m'évoquent justement les sonorités similaires, les harmoniques semblables, les analogies. Ces dernières sont organisé en un livre, qui représente une organisation, une hiérarchisation finalement avec son début et sa fin. Nous avons donc affaires ici aux lois d'analogies permettant la compréhension du monde dans son aspect fractal et donc multidimensionnel. 

L'auteur nous indique donc qu'il combine l'aspect intuitif, Amour universel et l'aspect structuré, logique, des Lois. Il parvient donc à user de la foi éclairée, ce qui est cohérent avec son statut d'initié. 

et Toi : Quelle force formidable dans ce tout petit mot ! On remarque une fois de plus à la majuscule que l'auteur n'est pas en train de boire le pastaga avec son pote dédé. Le "Toi" représente à mon sens une étrangeté (le fait d'être étranger) à l'auteur qui est pourtant un grand initié. Il ne peut donc s'agir d'un autre être humain encore incarné. Je pense que nous avons affaire avec ce "Toi" à toutes les formes de consciences supérieurement évolué par rapport à l'auteur. Malgré tout ce n'est pas "et Vous" qui est marqué, mais bien "et Toi". Je pense qu'il s'agit donc ni plus ni moins du Noùs, tout comme Pymandre du Corpus Hermeticum. 

Au final l'auteur par ce simple vers nous rappelle que c'est à la conjonction entre l'extase provoqué par l'Amour universel et la maitrise des Lois analogiques ainsi que de sa propre volonté que nous pouvons communiquer avec les dieux.

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:25

Ven Fév 20, 2015 1:39 pm

Setanta a écrit:De mon avis mon Nurash, si on simplifie ta vision sans être simpliste, le « ICI » évoque l'instant présent, l'union avec le « Soi » dans le parfait alignement qu’exige la « Méditation ».
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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:27

Sam Fév 21, 2015 12:07 am

Domino a écrit:La cruche (contenant) me semble être analogiquement la Conscience. Parvenu au complet dessein de sa forme et des Connaissances (Vin) qui en découlent (sans mauvais jeu de mot) l'auteur accède à la supraconscience et « tout lui est découvert ». 
Ce livre de Vers sont les tables de la Loi dont il est parvenu à saisir les Principes dans une Vision omnisciente. 
Comme notre Nurash je pense à Pymandre du Corpus Hermeticum et ce passage me semble décrire avec d'autres mots la même révélation.

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:30

Lilbudha a écrit:En m'inspirant de vos différentes prestations, voici ce que j'extrait de ce passage: 

Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis ! 


Une cruche de Vin, Comme nous l'a expliqué notre Lug, le Vin, chez les soufis mais pas seulement, symbolise l'ivresse spirituelle, celle obtenue par la Supra-Conscience. Cette ivresse est caractéristique d'états de consciences particulièrement élevés. Elle naît forcément d'un ensemble homogène et stable de pensées juste en Vertus. 

Puisque nous parlons d'ivresse spirituelle, il me semble que les trois corps du Monde Physique Dense bénéficient, eux aussi, de cette ivresse spirituelle. Ce pourquoi il évoque la cruche de Vin. Les corps, parfaitement alignés et stabilisés de cette Supra-Conscience, lui offrent le contenant où l'ivresse spirituelle se déversera. Ce sont les corps qui vont permettre de rayonner le Verbe Vivant et les Pouvoirs du Mage prouvant ainsi son haut lignage. Tels qu'ils sont décrits ici, les corps inférieurs me semblent avoir été parfaitement soumis à la Volonté de notre Initié, ils participent donc pleinement à la gloire et à la noblesse de l'oeuvre. 

Un livre de Vers, Ce livre de Vers, me fait premièrement penser aux formules et incantations évocatrices dont s'est rendus Maître notre Initié. Ces Vers lui permettent d'entrer en résonance avec la Divine Providence par l'évocation de Mantra parfaitement réalisés(pensée juste en Vertus). Secondement, et cela est complémentaire, j'ai pensé, comme notre Domino, que ce livre de Vers pouvait bien être les Principes que notre Initié a su lire et reconnaître lors de son pèlerinage, lui conférant alors certains Pouvoirs. Ces Principes se trouvent exposés dans le Sépher de Moïse. Notre Initié guide son lecteur afin qu'il obtienne la Connaissance, celle qui permet la déclinaison des Principes dans de luxuriantes arborescences au sein des Trois Mondes. Cela seulement permettra à notre aspirant de recevoir l'aide subtile de la Providence. Cela lui permettra aussi de voguer sur les flots tout en sachant parfaitement où se rendre. 

Et Toi, Il me semble que ce Toi représente son âme-de-vie, qui, bien que très proche, n'est pas encore pleinement conquise. Toutefois, il semble que cet âme-de-vie ait reçu de multiples baisers et que notre Initié sait très bien où sont les appartements du Roy. (Le Cantique des cantiques) 
Lorsque l'on reconnaît pleinement son âme-de-vie comme notre Initié, cela ne suffit pas à ce que les noces soient automatiques que je me dis, il faut encore harmoniser les dernières subtilités qui permettront aux noces d'être un prolongement naturelle d'une longue et précieuse entente. 

Dit autrement, notre Initié est très proche des noces Chymiques. Il se met en disposition afin de se tourner vers sa bien-aimée qui n'est autre que son âme-de-vie. Ses connaissances parfaitement éprouvés lui permettent, déjà, de profiter des fruits de cette union, et même du jus des fruits de cette union, symbolisés par le Vin. La cruche représente le contenant de ce Vin qui n'est autre que les formes de manifestation auxquelles la Conscience s'identifie. 

PS: Merci mon Tamas, pour ce rappel simple mais qui a donné naissance à de nouvelles arborescences: l'Arbre de la Connaissance est situé au milieu du jardin d'Eden, je trouve l'allégorie de l'Arbre de la Connaissance encore plus belle, et elle me semble en accord avec le symbole de la Fleur de Lotus. Pour le Ici, je cherche encore à élargir l'amplitude de l'analogie. 

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:35

Sam Fév 21, 2015 3:03 pm

Setanta a écrit:
2 - une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi,

La question qui me semblait utile de se poser en premier lieu, était de savoir pourquoi une cruche de Vin et pas une cruche d'Eau ? 

Il me semble que la meilleure réponse est que l'Eau, celle qui ne mouille pas les mains, symbolise la sagesse à l'état brut et qui est accessible dans son sens parlant à n'importe qui. De-là, il est aisé de comprendre que cette cruche d'Eau n'est autre que ce livre de  
Vers pouvant se trouver dans n’importe qu’elle main. 

De facto, la question suivante est : que peut donc désigner une cruche de Vin ?
On peut imaginer que la cruche représente le corps spirituel et que le Vin qui y est contenu représente le potentiel de l'ivresse. Ce potentiel serait donc l'âme révélant au Penseur l'idée que contient la forme abstraite et occulte, lui apportant cette ivresse qu'est l'énergie revigorante d'une pensée juste en vertus. 

Le « et Toi... » appartenant en partie à ce verset, laisse comme un mystère sur la nature occulte de ce Toi et se révélant plus précisément dans le troisième verset. Même si l'on se doute de la nature inspirante de ce « Toi » tout spirituel

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:37

Lun Fév 23, 2015 11:38 am


Setanta a écrit:
Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis !

Ce passage me fait ressentir que notre poète est continuellement connecté à la Source (près de moi) lui permettant de voir au-delà des apparences du Monde Physique dense. 

Ce chant qu'est le souffle du vent faisant chanter les feuilles des arbres est, sur un autre plan, la douce harmonique d'une musique mélodieuse qu'est le verbe juste en vertus. Le Son du Parleur silencieux(Toi) dont la vibration engendre, chez le récepteur, les formes-pensées, tout comme le sable sur une plaque de ferraille s'organise en différentes formes selon la vibration reçue par la plaque. 

« Dans la solitude sauvage ». En parallèle de la nature sauvage qui n'a pas été touchée par l'homme, la solitude sauvage semble désigner un retrait en soi, souvent difficile, dépourvue des pollutions externes et internes qu'offre la méditation. Ce verset dans son ensemble nous dit - « Sois à l'écoute ! ».

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:41

Lun Fév 23, 2015 6:09 pm

Lilbudha a écrit:
Omar KHÀYYÀM a écrit:Ici, avec un peu de pain sous les branches, 
une cruche de Vin, un livre de Vers, et Toi, 
chantant près de moi dans la solitude sauvage, 
oh! cette Solitude serait pour moi un Paradis ! 

RUBÀIYÀT

chantant près de moi, Voilà qui me semble confirmer l'interprétation précédente de "et Toi". Notre Initié souhaite se rapprocher de son âme-de-vie afin d'entendre les louanges que celle-ci adresse à notre Divin Créateur. 

L'âme-de-vie est reliée au réalité Divine, ce qui lui permet d'être parfaitement en harmonie avec le Verbe Vivant. Il me semble alors que notre Initié se met en posture de dévotion envers le Divin Créateur par le truchement de son âme-de-vie. Le mot "chantant" implique une harmonie, un rythme, une mélodie. Ceci me semble être conforme avec l'Ordre Souverain des choses émanant du Logos Originelle. 

Notre Initié, en élevant son niveau vibratoire afin de se rapprocher de son âme-de-vie, espère entendre le chant lumineux qui émane des sphères supérieurs, celles proches de la Source. Par le chant de son âme, il espère être instruit plus profondément sur les réalités divines, comprendre le mouvement Harmonieux du Verbe afin d'y adhérer volontairement. 

dans la solitude sauvage, Il peut paraître paradoxale de parler de solitude alors que notre Initié est accompagné. Il me semble que la solitude fait référence à celle que doit s'imposer tout oeuvrant du Grand Oeuvre et qui consiste à détruire les illusions produites par les cinq sens grossiers de la forme ce qui pose une sorte de barrière entre cet Initié, et les êtres humains incarnés de même complexion et qui, plongés dans leur illusoire normalité ambiante, s'identifie, pour la plupart, exclusivement à leur forme. 

Il y a aussi une autre interprétation que l'on peut donner au mot solitude, c'est que le couple formé par notre Initié et son âme-de-vie, ne sont en réalité qu'une seule entité, ainsi, le mot solitude rappellerait cette réalité primordiale d'Adam. Le Deux en Un. 

Le mot sauvage fait penser à un symbole de liberté, à une Conscience Libre, indomptable et inconditionnée, fidèle à sa nature originelle. Ainsi l'indication est donnée que pour atteindre ce niveau de communion avec son âme-de-vie il faut que la Conscience soit capable de se sortir des conditionnements limitants de la forme de manifestation afin de retrouver cet état originelle d'Adam dans sa forme glorieuse. Ceci implique une large part de libre arbitre. 

En résumé, notre Initié souhaite entrer en communion avec son âme-de-vie, or, ce n'est jamais l'âme-de-vie qui descend sur Terre, mais la Conscience de l'initié qui s'élève pour toucher les Mondes et les plans supérieures. C'est donc à notre Initié de faire les efforts de s'élever au niveau de son âme afin d'entendre les chants d'harmonie que celle-ci manifeste de par sa proximité avec le Divin Créateur. Il est donné une indication, une clef afin de pouvoir se mettre en état de percevoir ces chants, la solitude sauvage, le délaissement de la forme au profit de l'Essence. 

Je vois un parallèle avec la Voix Du Silence d'H.P Blavatsky et notamment ce passage-ci : 

Avant que l’âme puisse entendre, l’image (l’homme) doit être devenue sourde aux fracas comme aux murmures, aux cris des éléphants rugissants comme au bourdonnement argentin de la luciole d’or. 

Avant que l’âme puisse comprendre et se souvenir, elle doit être unie au Parleur silencieux, comme à l’esprit du potier la forme sur laquelle l’argile est modelée. 

Alors l’âme entendra, et se souviendra. 

Alors à l’oreille intérieure parlera. 

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Re: Anguruzuminabstafil

Message par nevada le Sam 26 Nov - 15:45

Mar Fév 24, 2015 12:49 pm

Lug a écrit:Magnifique travail que vous faites sur ces vers admirables du maître soufi qu’était Omar KHÀYYÀM 

Nous pouvons constater que sous l’apparence légère et gracieuse, ces vers véhiculent un enseignement hermétique d’une ineffable subtilité et d’une richesse extrême. 

Que sans l’attention de notre Tamas, vous seriez passé très rapidement sur cette source précieuse de la sagesse immémoriale, ce qui pose inévitablement la question qui consiste à savoir : à côté de combien de sources de cette qualité êtes-vous déjà passés sans y prêter le moindre intérêt ? 

Que le décryptage du sens Cachant que renferment ces vers, est aussi ce qui renferme l’essentiel de son enseignement, en obligeant l’initié à mettre en pratique ses facultés les plus subtiles couplées à la somme de ses connaissances. 

Qu’il n’est pas nécessaire de lire beaucoup de textes, dont l’abondance du phrasé, des formulations et des développements plus ou moins philosophiques, renferme une indigence proportionnelle à la longueur de l’exposé. 

Ces quelques (peu) vers de ce maître soufi, à l’image des symboles de Pythagore, sont qualitativement plus nutritifs que la pléthore quantitative d’élucubrations creuses et dévitalisées de nombre de théories philosophico-mystiques qui viennent bien souvent asphyxier l’intellect par un fatras de détritus. 

Qu’il faudra toujours que le quêteur de vérités ne se contente jamais d’une lecture frivole et désinvolte pour accéder à ces vérités, mais qu’il lui faudra faire l’effort de soulever un à un les sept voiles d’Isis. 

La connaissance reste une quête et non un dû, est les ignorants et les profanes incultes le sont essentiellement parce qu’ils ne font pas l’effort d’utiliser correctement leurs facultés supérieures. 

Voilà donc un bel enseignement complémentaire, que nous pouvons collectivement tirer de ce décryptage partiel (car il n’est pas encore intégralement terminé), mais il y en a aussi d’autres à venir.

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Re: Anguruzuminabstafil

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