L'éducation des enfants

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L'éducation des enfants

Message par Lug le Dim 12 Juin - 12:15

Réseau Informel de Réflexion sur l’Education a écrit:EDUQUER EN PRESERVANT LA LIBERTE DE CONSCIENCE

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée en 1948)

D'emblée, cet article nous annonce l'essentiel : l'être humain NAÎT LIBRE ; liberté originelle, indépendante de toutes les causalités du monde sensible, liberté absolue qui sous la gouverne de la raison devient le Libre Arbitre qui nous permet de décider et d'agir en exerçant notre volonté en dehors de tout déterminisme et influence extérieure.

La liberté de conscience est sacrée, elle est un don de la vie, manifestation la plus plénière
du métaphysique dans le physique. Elle ne se donne pas, ne s'apprend pas et est impossible à définir pour la simple raison que toute définition serait réductrice. Elle est partie intégrante de la conscience et l’éducation doit mener à sa réalisation et à son respect inconditionnel.

L'enfant vient au monde, la conscience vierge. Ce n'est que graduellement qu'il prendra conscience de son corps physique et de ses tendances psychiques. Il n'est alors pas encore programmé, voire formaté, par les valeurs morales et sociales du milieu dans lequel il va grandir et évoluer. Il est donc par essence et par naissance toute ouverture, réceptivité pure.
Sa perception du monde n'est entachée d'aucun préjugé et d'aucune spéculation. C'est en le conscientisant, tout au long de l'éducation, à sa dimension universelle qu'il sauvegardera sa liberté et sa pureté originelle.

Ainsi, de façon équilibrée, réaliste, il développera les aptitudes et tendances de sa personnalité qui constituent ses moyens de perception et d'expression dans le monde.

Comment l'enfant qui, dès son plus jeune âge, manifeste autant de curiosité vis-à-vis de son environnement, pourrait-il être dans le rejet de la différence ? Il n'est qu'à voir le regard débordant d'innocence et de curiosité du petit enfant face à l'étranger pour réaliser que l'enfant ne connaît au départ ni la méchanceté ni le racisme et que c'est l'adulte qui, inconsciemment, lui inocule, peu à peu, ses propres peurs et sa méfiance maladive.

Eduquer un enfant n'est pas le rendre obéissant, dépendant de l'autorité d'une quelconque
idéologie religieuse ou politique, c'est ouvrir sa conscience aux réalités du monde dans lequel il doit grandir et plus tard servir, TOUT EN L'EVEILLANT A SA PROPRE REFERENCE INTERIEURE, c'est-à-dire à L'AUTORITE EN SOI qu'est la dimension universelle de sa conscience -l'Inconscient universel- fondement de son individualité et de son unicité.

Par une éducation respectueuse de la liberté originelle, l'enfant réalise son autonomie dans le
respect absolu de lui-même et des autres, en accord avec l'Inconscient universel, référence intérieure commune à tous les hommes.

Intégrer l'Inconscient dans le conscient (cf. Jung) devrait être l'objet de toute éducation qui cherche à marier coeur et raison, c'est-à-dire l'intelligence sensible -laquelle nous relie par voie intuitive à l'unité intérieure, identité commune à tous les hommes- avec l'intelligence spéculative qui nous relie à la diversité du monde. Marier coeur et raison permet d’être en équilibre et de vivre nos différences de manière non conflictuelle, dans la complémentarité d’une solidarité naturelle, base de tout contexte social harmonieux.

Préserver la pureté et la liberté originelle de l'enfant tout en l’amenant à s'intégrer dans le
monde révolutionne la manière de considérer et de vivre la condition humaine. Ainsi, on ne contribue plus à la fabrication de « moutons de Panurge » à la merci de n'importe quel système manipulateur, mais à une éducation qui ouvre un champ d’expérimentation individuel et social où la dignité et la responsabilité sont garanties.

Réponse de votre serviteur à ce collectif d'éducateurs :

Lug a écrit:Petites observations libres de votre synthèse intitulée : ÉDUQUER EN PRÉSERVANT LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE.

Il est un principe élémentaire en matière d’architecture qui veut que plus l’édifice que l’on ambitionne de construire sera grand et majestueux, plus ses fondations devront être en rapport qualitatif du poids et du volume de cet édifice, après avoir vérifié bien évidemment que la nature du terrain soit en mesure de supporter l’ensemble.

Il en est en philosophie, religion, politique, science et culture, analogiquement de même. Les fondations d’un raisonnement, ses postulats de base, devront avoir la crédibilité, la solidité et la cohérence permettant de supporter l’édifice intellectuel correspondant au dessein que devra accomplir son architecture planifiée. Qu’une faiblesse frappe une partie de ces postulats et c’est l’assurance d’une malfaçon rédhibitoire se manifestant dans la construction.

Choisir comme postulat de base un extrait de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ne me semble pas un terrain particulièrement favorable pour construire une cathédrale consacrée à la Liberté et l’égalité, étant donné les failles d’incohérence qu’il renferme. Avant de mettre en évidence ces failles, qu’il me soit permis de souligner que s’il existe aujourd’hui différentes formes de Déclaration des droits de l’homme, une seule possède l’inspiration, l’intelligence et la rectitude harmonieuse systémique, je veux parler de la DDHC de 1789. C’est la seule qui possède la particularité de disposer des droits naturels, sacrés, inaliénables et imprescriptibles. C’est la seule qui offre à chaque membre du corps social une protection effective opposable aux lois scélérates, car elle est la loi des lois qu’aucune loi ne peut ni modifier ni supprimer sans se condamner elle-même. Enfin (provisoirement), sa référence politique oblige et détermine la constitution d’un État, les lois qui en découlent et les règles d’administration du corps social. Ce n’est pas le cas de la DDH de 1948, pas plus que la Convention européenne des droits de l’homme, qui ne sont que des pâles copies édictant de fausses bonnes intentions servant à paver l’enfer du totalitarisme des gouvernements corrompus.

Cette DDH de 1948, déclare l’égalité en dignité et en droits. La belle affaire que celle-ci, si le principe d’égalité n’était en réalité qu’une des plus grandes injustices, comme je l’explique dans mon dernier livre : La Dictature à la Française, que j’ai eu le plaisir de vous communiquer en format pdf, et qui est téléchargeable gratuitement sur mes sites : http://sites.google.com/site/grandoeuvre/telechargements-gratuits/la-dictature-a-la-francaise

La DDHC de 1789, repose sur une extraordinaire subtilité d’analyse et une grande sophistication intellectuelle, que ne peut égaler celle de 1948. Cette sophistication se traduit dans sa rédaction par une simplicité sans jamais être simpliste, contradictoire, paradoxale ou indigente. Ainsi, elle évite le travers de l’égalitarisme dans lequel est tombée la DDH de 1948, pour restituer le principe juste d’égalité, lorsqu’elle précise dans son article premier : les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

L’égalité de droits, pour la DDHC de 1789, n’est plus l’égalitarisme aveugle et injuste, qui s’aligne nécessairement sur le plus petit dénominateur commun, toujours une régression sur le plus médiocre, condamnant les individus à une égalité de traitement ne tenant pas compte de l’inégalité des mérites et des facultés actives. Cette égalité juste repose sur les capacités de chaque membre du corps social à servir l’utilité commune. Et comme ces capacités sont nécessairement différentes d’un individu à un autre, il est normal (juste) de les distinguer socialement, donc de les différencier des autres. Belle leçon d’intelligence que celle-ci, car elle tient compte non plus d’une vague intention romantique à l’angélisme benêt si pourvoyeuse de calamité pour l’espèce humaine, mais des réalités de la Nature s’imposant comme règles incontournables à la raison humaine.

Vous avez fait reposer votre raisonnement sur l’égalitarisme réducteur de la DDH de 1948, au lieu de distinguer l’égalité juste de la DDHC de 1789, cela marque l’ensemble de votre construction qui s’en trouve déséquilibrée.

Le paradoxe se complique avec la DDH de 1948, lorsqu’elle évoque la nécessité d’agir dans un esprit de fraternité... Comment peut-il y avoir la moindre fraternité lorsqu’il est fait état d’une pratique de l’injustice qui accorde les mêmes droits à l’ignorant qu’à l’érudit,  au fainéant, qu’au travailleur,  au sage qu’au sot, à l’altruiste qu’au cupide, à l’utile qu’au nuisible, au lâche qu’au courageux ? Comme il n’y a pas de distinction prévue, dans la juste définition de l’égalité,  il y a donc automatiquement égalitarisme réducteur, une des pires racines de l’arbitraire, du totalitarisme et de la violence.

Preuve que cette Déclaration de 1948, n’est qu’une pâle déclinaison abâtardie de la DDHC de 1789, cette notion de liberté que vous interprété fort logiquement dans un sens déconnecté de toutes astreintes, car effectivement, à l’inverse de la DDHC de 1789, la liberté contenue dans celle de 1948, n’a pas de limites et doit donc se concevoir comme vous le faites. Hélas ! là encore, cette déclaration universelle méconnaît, ce que n’a pas ignorée celle de 1789, le principe qui veut que la liberté sans règle et sans contrainte ne soit rien d’autre que la liberté du plus fort, celle fondée sur la violence et forcément l’injustice et l’arbitraire.

La liberté telle que la conçoit la DDHC de 1789, n’est pas une liberté sans règles livrée à la loi du plus fort, mais une liberté intelligente et juste basée sur un principe aussi sophistiqué que simple et qui est traduit dans une formulation si vraie qu’elle confine à la pureté axiomatique dont je vous laisse apprécier la saveur :

Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

La liberté n’a donc pas tous les droits, ce qui suppose qu’elle n’est jamais totalement indépendante de toutes les causalités, comme vous en donnez une définition aussi irréaliste qu’irresponsable dans son essence et par voie de conséquence dans sa pratique. C’est par la connaissance et le respect de ces dépendances réciproques qui relient toute chose dans l’univers, qu’il est possible de jouir véritablement de la liberté. Ceci, comme je le signale dans La dictature à la Française, correspond à cet ancien axiome des tablettes de Thoth qui dit : connaitre les lois c’est être libre...

Si donc, vous considérez que la pratique du libre arbitre peut et doit s’affranchir de tout déterminisme et influence extérieure, il vous faut expliquer dans quelle dimension encore inconnue de l’univers une telle pratique est rendue possible. À moins que vous considériez comme parfaitement réaliste que l’être humain, dans sa forme la plus exacerbée d’un ego surdimensionné, puisse obligatoirement s’affranchir du respect du libre arbitre de ses semblables pour rendre le sien «absolu» ?

Comme je subodore que vos intentions, dont je perçois la générosité et l’inspiration vertueuse, ne peuvent sérieusement accréditer une telle pratique de la liberté, il convient donc de considérer que ce postulat de base n’est pas des plus adaptés à l’ambition de votre édifice. L’absence de juste appréciation de ce droit à la liberté est à l’image de l’angle de tir d’une fusée spatiale. Un millimètre d’erreur au départ, lui fera rater sa cible de plusieurs millions de kilomètres à l’arrivée.

Vous dites dans le paragraphe suivant : que la liberté de conscience est sacrée. Je dirais, de là où je me tiens :  entre autres... Car pour la DDHC de 1789, il n’y a pas que ce droit qui soit naturel et sacré... Vous affirmez, bien témérairement, me semble-t-il, qu’elle ne se donne pas, ne s’apprend pas... Si, nous devons considérer que la liberté aura l’amplitude de la conscience, force nous est donnée de constater que toutes les consciences n’ont pas la même amplitude, et que celle-ci dépend directement du champ même de la conscience. Ce champ de conscience sera nécessairement corrélé avec le niveau de connaissance (ne pas confondre avec le savoir). Plus ce niveau de connaissance sera élevé, plus le champ de la conscience sera étendu, plus grande sera la liberté, l’ignorance n’étant compatible qu’avec la liberté du plus fort. Or, si, comme vous l’affirmez, la liberté ne s’apprend pas, c’est que toutes les consciences sont obligatoirement au même niveau de connaissance, sauf à admettre que par nature la Création est fondamentalement injuste et par voie de conséquence son dessein malfaisant, ce que ne confirme pas la réalité objectivement observable...

Je considère, à l’inverse de ce que vous affirmez, que la liberté s’apprend, puisqu’elle se conquiert par la connaissance des règles qui la rendent possible. Qu’elle se donne, par le transfert de connaissances du plus au moins, en permettant l’élargissement du champ de conscience qui n’est jamais une fonction automatique, mais résulte d’une activation d’une volonté à être autre chose que ses propres limites sensorielles. Que si elle est impossible à définir par la raison, qui a toujours des limites que l’on parvient à atteindre rapidement, elle peut se définir aussi par la Foi (ici, prière de ne pas faire d’amalgame réducteur avec un dogme religieux quelconque), fonction éminemment en rapport avec l’aspect métaphysique de la vie, dont vous avez l’intelligence subtile d’admettre l’existence, qui est forcément occulte et ésotérique.

La liberté est bien corrélative à la conscience, et celle-ci est dans son amplitude concomitante au niveau de connaissance. Mais si l’éducation transmet mécaniquement le savoir, informations plus ou moins obsolètes qui font appel à la mémoire volatile de l’aspect physique. Elle ne transmet que bien accidentellement la connaissance et dans de faibles proportions. Il me semble donc que ce n’est pas l’éducation qui facilite la liberté, j’aurai tendance à croire, compte tenu des réalités de ce qu’il est possible de constater aujourd’hui, que c’est même une entrave caractérisée à cette liberté. Seul l’enseignement de la connaissance permet d’accroître la liberté selon les mécanismes naturels définis ci-dessus.

L’enfant vient au monde, la conscience vierge... Ce postulat me parait au moins aussi discutable que les précédents. Sa distorsion résulte du principe de l’égalité dans sa version réductrice d’égalitarisme qui lui sert de base. Cela suppose, en violation des principes d’une nature métaphysique de l’être, qu’il n’y a pas d’après et par voie de conséquence pas d’avant. L’incarnation humaine étant alors que le fruit d’un hasard sans cohérence ni déterminisme. Tous les individus d’une espèce seront donc parfaitement identiques à leur naissance, sans facultés ni prédispositions particulières qui légaliseraient le principe d’une totale virginité de conscience dans l’uniformité. Je n’entrerai pas plus avant dans la multiplication infinie de paradoxes ingérables qui découlent de cette conception de l’apparition uniformisée de la conscience infantile vierge.

Je préfère considérer que s’il y a un aspect métaphysique dans le principe vital (ce qui précède et succède chaque incarnation physique), il y a différents niveaux d’évolution de la conscience, et que cette dernière se manifeste dans une forme en fonction de son évolution (champ de conscience). Que cette évolution est caractérisée par une perfectibilité croissante, et que s’il y a un début d’expérience dans la manifestation d’une forme, cette forme comprendra différents degrés de perfectibilité, jusqu’à ce que la conscience parvienne à s’en libérer pour accéder à une forme supérieure... Il découle fort logiquement que si chaque individu possède des spécificités qui le distinguent de ses congénères, c’est qu’il convient de tenir compte des parcours antérieurement effectués dans l’expérimentation d’une forme, humaine pour ce qui concerne le présent sujet. Il n’y a donc pas de conscience parfaitement vierge à la naissance, mais au contraire déjà chargée d’un certain patrimoine karmique, dont nous pouvons constater la réalité de l’existence par les effets qu’il produira dans une fratrie faisant entre deux individus d’une même famille (parfois jumeaux) ayant reçu les mêmes soins,  la même tradition culturelle et parfois cultuelle, la même éducation, produiront des personnalités diamétralement différentes et souvent opposées. Ce qui invalide le postulat de la page blanche qui permettrait d’écrire une partition identique d’une musique commune. Il n’existe pas deux choses dans l’univers qui soient rigoureusement semblables, ceci invalide aussi l’idée d’une conscience totalement vierge.

La prise en compte de la réalité de ce patrimoine karmique (acquis de vies antérieurs), relativise l’absence de formatage de cette conscience naissante, ainsi que sa capacité universelle et égalitaire à une ouverture et une réceptivité qualifiées de «pure», ce qui n’est manifestement qu’une conception spéculative éloignée des faits raisonnablement admissibles. En outre, il est difficile de prétendre qu’il n’est ni formaté ni conditionné, alors que les limites de ses perceptions sensorielles sont biologiquement des contraintes, dont l’hérédité n’est pas des moindres, venant s’imposer à la liberté «pure» de la conscience naissante. Avec ou sans éducation, cette conscience ne pourra jamais être plus que les capacités que lui impose sa forme et la nature de l’espèce dans laquelle elle se manifeste, voilà qui réduit considérablement cette notion de pureté de sa liberté.

L’enfant manifeste une plus ou moins grande curiosité à son environnement, toujours en rapport des acquis de son patrimoine karmique, de son hérédité et des traditions culturelles dans lesquelles il est plongé. Il ne peut donc pas être établi une égalité de traitement basée sur une curiosité égalitaire qui ne serait qu’une injuste appréciation des réalités. Comme quoi l’égalité, quel que soit son niveau d’appréciation, reste invariablement une injustice et une distorsion des réalités si elle se résume à un égalitarisme ordinaire et commun. L’enfant pratique naturellement le rejet de la différence, expression d’un ego limité à la satisfaction de ses nécessités sensorielles. Il a très tôt le sens de l’appropriation de son environnement, des objets et des personnes qui le composent. Un enfant, même en bas âge, sait percevoir une personne étrangère à son environnement familier et éventuellement manifester des signes de rejet ou d’attirance. S’il ne connaît pas (conscience) la méchanceté, cela ne l’empêche pas de la pratiquer. Il n’a simplement pas encore développer de sens moral qui lui permettrait de conscientiser ce comportement moral selon une distinction entre le «bien» et le «mal». C’est d’ailleurs par cette absence de sens moral que les enfants soldats sont capables des pires cruautés, sans qu’ils aient conscience de la moindre méchanceté.

Éduquer un enfant c’est nécessairement le contraindre à respecter des règles qui ne sont pas innées, mais parfaitement nécessaires pour que sa liberté soit juste, c’est-à-dire qu’elle respecte celle des autres, et qu’il devienne socialement acceptable, au moins dans le milieu dans lequel il sera appelé à évoluer. Le respect des règles implique une obéissance à celles-ci soit volontaire (intelligente et responsable), ou involontaire (autoritaire et pénalisante). Une règle, ou loi, qui n’aurait pas les moyens (l’autorité) pour être appliquée et applicable, ne serait que vaine, inutile et dérisoire. Forcement que l’enfant, et plus tard l’adulte, passera son temps à obéir à des règles idéologiques (dont l’éducation constitue la base essentielle), politiques, sociales, artistiques, scientifiques, routières...sans compter la profusion de lois, décrets, règlements qui corsètent le quotidien le plus banal. Il devra même obéir à des règles religieuses même sans qu’il soit besoin qu’il appartienne à un culte quelconque, ne serait-ce que dans le principe d’un calendrier qui s’imposera à lui dans son quotidien, et par les rituels qu’il commande sous forme festive, le plus sournois des rituels religieux... La nature lui imposera même l’obligation d’obéir à des règles astronomiques strictes, surtout s’il veut manger. S’il sème son blé n’importe quand, il récoltera des nèfles à la saint-glinglin.

Il est donc parfaitement illusoire et utopique de croire qu’il est possible de préserver la pureté originelle de la liberté de conscience en affranchissant l’enfant de toute obéissance et de toute autorité. Il est, me semble-t-il, préférable de lui enseigner la meilleure façon de tirer profits des épreuves et des adversités que constitueront ses contraintes environnementales, raciales, sociales, culturelles, politiques, religieuses, familiales, pour qu’il acquiert les connaissances lui permettant de les utiliser pour s’en affranchir.

L’inconscient qui est parfaite ignorance n’est pas le fondement de son individualité, mais l’absence d’individualité. Ce qui différencie une chose de l’universel (état d’inconscience non différencié), c’est la conscience d’être du «je suis» ; et cette conscience d’être n’est pas autre chose qu’une somme de connaissances, et par principe cette conscience que traduit cette somme de connaissances ne peut jamais être totalement universelle, mais, à l’image de la vitesse dans la théorie de la relativité, plus ou moins universelle en comparaison d’un référent lui-même relativement plus ou moins universel.

Comme il n’est pas possible de définir objectivement et de façon réaliste et raisonnable ce qu’est la liberté originelle et son état de pureté, eu égard aux observations qui précèdent, faire reposer l’éducation sur cette utopie, ne permet pas de conjecturer le moindre effet ni résultat crédible, hormis les malfaçons prévisibles qui ne peuvent qu’en découler.

Si par ordre naturel des choses il échoit toujours aux riches la responsabilité de donner aux pauvres, de même manière ceux qui ont le devoir d’éduquer on la responsabilité des effets que produira cette éducation. Lourde responsabilité morale autant que karmique que celle-ci...

Intégrer l’inconscient dans le conscient n’est pas un dessein en-soi, mais ce que pratique chaque conscience en élargissant son champ de connaissance. L’enfant que nous avons été n’a pas disparu de la surface de la Terre, il a été simplement recouvert par les différentes enveloppes de l’adulte que nous sommes devenus, sans qu’il ait été nécessaire que nous nous en préoccupions. Un peu à l’image du développement du tronc d’un arbre par cercles de croissance.

Je poursuivrai mes petites observations par cette relation curieuse que vous établissez entre le coeur et la raison. S’il est plus juste de parler de raison plutôt que du cerveau qui est le siège physique de l’intellect, pourquoi faire référence à un organe corporel pour parler d’une fonction éminemment métaphysique qu’est la Foi ?

Ce que la Raison est aux lois de causalité, la Foi l’est aux perceptions intuitives, bien plus sûrement que l’organe assurant la circulation sanguine et des fluides vitaux. La Raison sans la Foi finit invariablement par l’absurde. La Foi sans la Raison par des élucubrations délirantes. Seule la Foi nourrit la Raison et lui permet de sortir de sa prison de certitudes. Seule la Raison permet à la Foi de partir à la découverte de la terra incognita de son ignorance sans pour autant s’égarer.

Enfin, vous terminez par un concept paradoxal générateur de schizophrénie, celui qui consiste à vouloir préserver une pureté et une liberté originelle (dont il a été vu précédemment qu’elle n’était qu’une illusion) pour amener l’enfant à s’intégrer dans le monde... Nécessairement celui de l’imperfection (puisque perfectible), d’où il ressort que l’intégration de la pureté dans l’impureté voit obligatoirement la victoire de la deuxième sur la première... Est-ce là, la révolution qui permet de reconsidérer et de vivre la condition humaine ?

Si l’ordre souverain des choses à prévu qu’il puisse y avoir des montons de Panurge, c’est qu’il n’est pas possible de faire sans... Alors n’est-il pas présomptueux de supposer que de là où nous sommes, nous ayons une vision qualitativement supérieure à celle de la Nature, au point de croire que nous soyons capables d’en changer les règles qui pérennisent sa perfection, ce qui nous permet d’exister malgré nos imperfections ?

La dignité ne se décrète pas, elle se mérite, et la responsabilité sera toujours proportionnelle au niveau de la sagesse (l’intelligence vertueuse). Plus ce niveau sera élevé, plus grande sera la responsabilité dont le plus haut degré sera celui qui consiste à se sentir responsable des autres...

Votre vision idéalisée et uniformisée de l’éducation infantile, telle qu’elle ressort de vôtre synthèse, me semble donc méconnaître nombre de paramètres complexes autant que subtils sur lesquels repose l’interdépendance de l’infinie diversité de la Création et des consciences qui la composent. Elle repose en outre sur des postulats manquant de précision à défaut de solidité.

Me semble-t-il, de là où je me tiens...;-)

Amicalement à vous.

Claude Le Moal

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Re: L'éducation des enfants

Message par Lilbudha le Dim 12 Juin - 14:50

Merci mon Lug pour ce partage.

Vu comme ce collectif d'éducateurs semble s'être égaré dans un idéalisme béat, court-circuité des réalités élémentaires et facilement observable, je suis pas sûr que ton message soit reçu à sa juste valeur par ses membres mais j'ose espérer qu'il servira à quelques Consciences qui te liront, à commencer par la mienne ! Smile

Je reste pantois devant ta capacité à rester sur le plan des Principes tout en les déclinant avec une extrême précision sans t'éloigner du but fixé.

Comme quoi, l'adulte aussi a besoin d'être éduqué, non par ses pairs, mais par le Sage...
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Re: L'éducation des enfants

Message par Kanzi le Dim 12 Juin - 15:56

Magistral ! ...

Voilà un exemple pour nous tous de service et d'utilité commune surtout pour ce qui touche de près ou de loin à l'éducation des enfants ! D'une cohérence et d'une maîtrise parfaite...cela nous donne la mesure de tout ce qui reste à parcourir (c'est pas peu dire...) pour arriver ou commencer à toucher point de cohérence et de justesse.

Notre Lug nous laisse du vraiment "lourd" aujourd'hui sur le forum !

Merci !




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Re: L'éducation des enfants

Message par Lug le Dim 12 Juin - 18:01

.
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Petite précision au passage, cet aréopage d'éducateurs est constitué d'enseignants de note belle Education nationale, dont certains ont été directement rattachés, durant plusieurs années, au Ministère de l'Education nationale.

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Re: L'éducation des enfants

Message par *l le Dim 12 Juin - 23:09

Merci mon Lug pour ton éclairage lumineux sur la distinction entre la lumière réfléchie du DDH de 1948 et la Lumière du DDHC de 1789.

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Re: L'éducation des enfants

Message par Domino le Mar 21 Juin - 19:50

Ont-il répondu?
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Re: L'éducation des enfants

Message par *l le Mer 22 Juin - 4:33

Domino a écrit:Ont-il répondu?

Il me semble que la réponse sera tardive ou ne viendrait pas pour la raison suivante :
Ces éducateurs de notre belle Éducation Nationale ont fondé leur vision sur le plan intellectuel . Cette vision mérite bien un 20/20 en philosophie au Bac.
Par là leur incompréhension des commentaires de notre Lug.

*l

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Re: L'éducation des enfants

Message par Lug le Mer 22 Juin - 10:01

Domino a écrit:Ont-il répondu?

Non, mon Domino, et c'est d'autant plus étonnant que ce sont eux qui ont sollicités mon avis sur leur texte initial...

Peut-être qu'ils sont encore en train d'essayer de décrypter ma réponse, mais n'ayant pas de pierre de Rosette, ils pataugent dans le nougat...

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Re: L'éducation des enfants

Message par Hermaphrodite le Mer 22 Juin - 19:58

Lug a écrit:
Domino a écrit:Ont-il répondu?

Non, mon Domino, et c'est d'autant plus étonnant que ce sont eux qui ont sollicités mon avis sur leur texte initial...

Peut-être qu'ils sont encore en train d'essayer de décrypter ma réponse, mais n'ayant pas de pierre de Rosette, ils pataugent dans le nougat...

Comme à ton habitude, mon Lug, laisse faire le temps, car ils n'ont pas encore l'habitude de ta subtilité de langage, et peut-être même qu'ils sont bâillonnés par un égrégore Nation qui n'est pas prêt à lever la pédale... Cool

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